Gilgamesh – Récits Sumériens – Leo Sheer

Antérieurement à Genèse 1 ; 2, les plus anciens récits sumériennes remontent à 2.500 av J.-C. Ils furent découverts au XIXe siècle, à Ninive, en Irak, dans la bibliothèque du roi assyrien ” Assurbanipal ” (669-627), av. J.-C.

Au commencement était Gilgamesh Roi Assurbanipal
Roi Assyrien Assurbanipal. Au commencement…

 

Léo Sheer :

Cette vaste documentation formant 3000 vers rédigés en akkadien est attribuée à « Sînleqe’unnennî [1] ». Laissons le soin du détail à Léo Sheer : « L’épopée de Gilgamesh est l’histoire du roi d’Uruk, une de ces cités-Etats, dont il aurait construit les remparts. La Liste sumérienne des Rois rédigée au début du II millénaire distingue une période préhistorique qui précède le Déluge et une autre, historique, qui succède au cataclysme.

Dans ce catalogue des souverains, Gilgamesh occupe la cinquième place de la première dynastie après le Déluge, et règne sur Uruk vers 2600 av. J.-C. Il serait donc un roi « historique », ayant vraiment existé, mais la légende en fait un être à la fois humain et divin.

Gilgamesh est un héros, et souvent un anti-héros, qui incarne la dimension à la fois tragique et dérisoire de l’être humain en quête d’une vie inaccessible, désirant échapper à la mort.

La disparition prématurée de son ami Enkidu exacerbe cette angoisse et il va jusqu’aux confins du monde pour rencontrer Ut-Napishtim.

Les dieux avaient laissé la vie sauve à ce sage lorsqu’ils avaient décidé de se débarrasser de l’espèce humaine en déclenchant le Déluge, et lui avaient accordé, à titre d’exception, la vie éternelle. Gilgamesh, résigné, finira par admettre que la mort est irrémédiable, qu’après il n’y a rien. Les dieux ont en décidé ainsi, se réservant l’éternité ; il ne reste à l’homme que les menus bonheurs d’ici-bas… Cette obstination de l’homme à vouloir vaincre la mort et chercher désespérément à donner un sens à son existence est la source des croyances qui conduiront aux religions monothéistes.

La Bible apparaît au fil des découvertes archéologiques et historiques dans la continuité du monde mésopotamien, comme une révolution établissant la suprématie d’un dieu unique. Le mythe de Gilgamesh est l’une des sources importantes du Livre sacré. Le 3 décembre 1872, Georges Smith révéla qu’il avait trouvé une version babylonienne du Déluge. On découvrit que le récit biblique reprenait sur ce point l’Epopée de Gilgamesh, qui elle-même s’était inspirée de la légende d’Atra-Hassi.

 

L’Ecclésiaste

La Bible comprend de nombreux prolongements littéraires de l’Epopée. Pour ne citer qu’un exemple : « Va, mange ton pain et bois de bon cœur ton vin, car Dieu a déjà agréé tes œuvres. Que tes vêtements soient toujours blancs et que l’huile ne manque pas sur ta tête ! Goûte la vie avec la femme que tu aimes (…), car c’est là ta part dans la vie »

(L’Ecclésiaste) est une reprise textuelle de Gilgamesh. Une tablette en akkadien sur la maladie et la mort d’Enkidu, retrouvée à Megiddo, montre que le texte de Gilgamesh circulait dans la région d’Israël dès 1400 av. J.-C., et peut avoir servi de modèle au peuple hébreu.

Pendant deux mille ans, cette œuvre littéraire fut perpétuée par un processus d’édition qui la réactualisait sans cesse. Puis, au moment où la civilisation qui l’avait produite disparut, au cours des deux mille ans suivants, elle continua d’exister de façon souterraine, à travers les cultures qui l’avaient effacée : le polythéisme grec et le monothéisme judéo-chrétien. »

[1] Léo Sheer : « Le nom « Sînleqe’unnennî » signifie en akkadien : « Dieu Sîn reçois ma prière. » Désigné comme exorciste, ce grand clerc, sans doute homme de lettres réputé en son temps, a dû vivre vers la fin du II millénaire. Son épopée court sur onze tablettes. Une douzième, probablement signée d’un autre auteur dont le nom serait : « Dieu Nabu érige le droit », reprend autrement l’histoire. Il s’agirait d’une adaptation akkadienne de la seconde moitié d’une autre légende sumérienne : Gilgamesh, Enkidu et l’Enfer. Peu de temps avant l’ère chrétienne, la légende de Gilgamesh disparaît, engloutie dans l’oubli comme la civilisation qui l’avait fait naître. Il a fallu attendre le XIX siècle de notre ère pour la voir réapparaître, grâce aux premières fouilles archéologiques et au déchiffrement des écritures cunéiformes. »  Source : Gilgamesh Par Léo Sheer

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L’Eglise Catholique applique à la lettre les Ecritures et rabâche depuis des millénaires les mêmes âneries.

 

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